Le compte personnel de formation finance les formations conduisant à une certification enregistrée. Depuis le 2 avril 2026, une participation forfaitaire de 150 € est due par le titulaire, contre 103,20 € auparavant. Certains publics en sont exonérés, et un solde insuffisant n’interdit pas la formation — il impose de construire un plan de financement.
Ce qui a changé au 2 avril 2026
Le reste à charge est l’élément qui a le plus évolué depuis son instauration, et il évolue vite.
| À compter du | Montant |
|---|---|
| 2 mai 2024 — instauration | 100 € |
| 1er janvier 2025 — revalorisation | 102,23 € |
| 1er janvier 2026 — revalorisation | 103,20 € |
| 2 avril 2026 — décret du 1er avril 2026 | 150 € |
Jusqu’en avril 2026, le montant suivait une revalorisation annuelle indexée sur l’indice des prix à la consommation, ce qui produisait des hausses de quelques euros. Le passage à 150 € relève d’une autre logique : c’est une décision de relèvement, et non une indexation.
Point pratique important : le montant applicable est celui en vigueur à la date de la demande d’inscription à l’action de formation, et non à la date de début de la formation. Une inscription validée avant le 2 avril 2026 restait donc soumise au montant antérieur.
Qui est exonéré
Deux situations principales lèvent la participation, et la seconde est régulièrement ignorée.
- Les demandeurs d’emploi. L’exonération est directement liée au statut.
- Les salariés dont la formation bénéficie d’un abondement de l’employeur. Une contribution de l’employeur au financement lève la participation forfaitaire.
Ce second cas mérite d’être exploité. Solliciter un abondement de son employeur n’a pas seulement un intérêt financier direct : il supprime aussi le reste à charge. Autrement dit, une contribution même modeste de l’entreprise change deux lignes du plan de financement, pas une seule. C’est un argument à porter dans la discussion avec son responsable ou son service formation.

Combien de droits avez-vous, et comment ils s’accumulent
L’alimentation du compte est annuelle et dépend du statut.
| Situation | Alimentation annuelle | Plafond |
|---|---|---|
| Salarié à temps plein | 500 € | 5 000 € |
| Salarié peu ou pas qualifié | 800 € | 8 000 € |
La conséquence est arithmétique et souvent découverte tard : un solde plein correspond à une dizaine d’années d’activité sans utilisation. Pour une formation diplômante de niveau licence ou master, dont le coût en formation continue est sans rapport avec les droits d’inscription en formation initiale, le CPF couvre rarement la totalité. Il est un socle de financement, pas une solution complète.
Quelles formations sont réellement éligibles
C’est le point de blocage le plus fréquent, et il se vérifie avant tout engagement.
Sont éligibles les formations conduisant à une certification enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles ou au répertoire spécifique, ainsi que la validation des acquis de l’expérience, le bilan de compétences, le permis de conduire et l’accompagnement à la création d’entreprise.
La conséquence surprend beaucoup de candidats : un diplôme d’université non enregistré n’est pas éligible, même délivré par un établissement public réputé. Ce n’est pas le prestige de l’établissement qui ouvre le financement, c’est l’enregistrement de la certification. Cette distinction, ainsi que la différence entre les deux répertoires — le second ne portant pas de niveau — est détaillée dans notre article sur le titre RNCP et ses équivalences.
Vérifiez également la date de fin de validité de l’enregistrement : une certification dont l’enregistrement arrive à échéance sort du champ éligible, et une formation vendue comme finançable peut cesser de l’être entre votre projet et votre inscription.
Enfin, la VAE est éligible en tant que telle. Pour un adulte disposant d’une expérience longue et alignée sur un diplôme, elle constitue souvent une voie plus rapide et moins coûteuse qu’une formation complète : les conditions et le déroulé sont exposés dans notre guide sur la VAE.

Compléter un solde insuffisant
Le CPF se combine avec d’autres financements, appelés abondements. Plusieurs acteurs peuvent intervenir : l’employeur, un opérateur de compétences, France Travail pour les demandeurs d’emploi, une région, une branche professionnelle. Le titulaire peut également payer la différence.
L’ordre dans lequel on s’y prend compte. La démarche efficace consiste à identifier le coût total et le solde disponible avant de solliciter qui que ce soit, puis à présenter une demande chiffrée qui indique précisément ce qui manque. Une demande d’abondement formulée sans montant obtient rarement une réponse rapide.
Pour les situations où ces dispositifs ne suffisent pas, d’autres voies de financement des études existent, notamment le prêt étudiant garanti par l’État, et les ordres de grandeur du coût des études sont détaillés dans notre article sur le coût des études supérieures en France.
Faut-il l’accord de son employeur ?
La réponse dépend d’une seule chose : le temps de travail.
Si la formation se déroule entièrement hors temps de travail, aucun accord n’est nécessaire. Le compte appartient au salarié, qui l’utilise librement et n’a même pas à informer son employeur.
Si tout ou partie de la formation se tient sur le temps de travail, l’accord de l’employeur devient nécessaire — mais la demande porte alors sur l’absence, non sur l’usage des droits. La nuance a son importance dans la discussion : un refus ne peut porter que sur les modalités d’organisation.
Dans la pratique, la plupart des formations diplômantes en formation continue combinent les deux — regroupements en semaine et travail personnel le soir et le week-end. Le volume réel que cela représente, et l’évolution vers des parcours plus longs, sont documentés dans notre article sur la formation continue à l’université.
Questions fréquentes
Quel est le reste à charge du CPF en 2026 ?
La participation forfaitaire du titulaire a été portée à 150 € par un décret publié le 1er avril 2026, applicable à toute demande d’inscription à une action de formation éligible au CPF intervenue à compter du 2 avril 2026. Elle s’élevait auparavant à 103,20 € depuis le 1er janvier 2026, après 102,23 € en 2025 et 100 € lors de son instauration le 2 mai 2024.
Qui est exonéré de la participation forfaitaire ?
Deux situations principales ouvrent l’exonération : les demandeurs d’emploi, et les salariés dont la formation bénéficie d’un abondement de leur employeur. Dans le second cas, une contribution de l’employeur au financement, même partielle, suffit à lever la participation — ce qui rend la démarche auprès de l’employeur intéressante au-delà du seul complément financier.
Combien de droits CPF acquiert-on par an ?
Un salarié à temps plein acquiert 500 € par an, dans la limite d’un plafond de 5 000 €. Les salariés peu ou pas qualifiés bénéficient d’une alimentation majorée de 800 € par an, plafonnée à 8 000 €. Le compte étant alimenté annuellement, un solde plein correspond à une dizaine d’années d’activité sans utilisation.
Quelles formations diplômantes sont éligibles au CPF ?
Celles qui conduisent à une certification enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles ou au répertoire spécifique. S’y ajoutent la validation des acquis de l’expérience, le bilan de compétences, le permis de conduire et l’accompagnement à la création d’entreprise. Un diplôme universitaire non enregistré n’est pas éligible, même délivré par un établissement public.
Que faire si le solde CPF ne couvre pas le coût de la formation ?
Le CPF se complète par des abondements : l’employeur, un opérateur de compétences, France Travail, une région ou une branche professionnelle peuvent compléter le financement. Le titulaire peut également payer la différence de sa poche. Un solde insuffisant n’interdit donc pas la formation, mais impose de construire un plan de financement avant l’inscription.
Faut-il l’accord de son employeur pour utiliser son CPF ?
Non si la formation se déroule entièrement hors temps de travail : le compte appartient au salarié et s’utilise librement. L’accord de l’employeur devient nécessaire lorsque tout ou partie de la formation se tient sur le temps de travail, la demande portant alors sur l’absence et non sur l’usage des droits.
