Une citation manquante ou une référence fausse découverte après le dépôt place l’étudiant devant une décision qu’il prend souvent mal, sous l’effet de la panique : se taire en espérant que personne ne verra. C’est presque toujours le pire choix, parce qu’une erreur signalée par vous et une erreur découverte par le jury ne sont pas traitées de la même façon.
D’abord : évaluer l’ampleur réelle
La panique amplifie tout. Avant de décider quoi que ce soit, il faut situer l’erreur sur une échelle, parce que les trois niveaux appellent des réponses différentes.
| Nature de l’erreur | Gravité | Réponse adaptée |
|---|---|---|
| Référence mal formatée, date ou page erronée | Formelle | Aucune démarche nécessaire |
| Référence citée dans le texte mais absente de la bibliographie | Modérée | Erratum si le volume est significatif |
| Passage repris sans guillemets ni attribution | Intégrité | Signalement immédiat |
Le critère qui sépare la deuxième ligne de la troisième n’est pas votre intention, mais ce qu’un lecteur constate : un passage qui paraît de vous alors qu’il ne l’est pas. Une reprise involontaire — des notes de lecture recopiées puis oubliées comme telles — produit exactement le même effet à la lecture qu’une reprise délibérée. C’est ce mécanisme, très fréquent, que décrit notre article sur le plagiat involontaire.
Faites l’inventaire avant d’agir : combien de passages, quelle longueur, dans quelles parties. Une seule phrase dans une revue de littérature n’est pas la même chose que trois paragraphes dans la discussion. Cet inventaire vous sera de toute façon demandé.
Signaler ou non
La règle est simple : dès que l’erreur touche l’attribution d’une idée ou d’un texte, on signale. Pour une coquille de mise en forme, non.
Le raisonnement qui pousse au silence — « le jury ne le verra probablement pas » — sous-estime deux choses. D’abord, la probabilité de détection n’est pas nulle : un directeur connaît la littérature de son champ et reconnaît un argument caractéristique. Ensuite et surtout, le silence change la nature du problème. Une omission signalée par l’auteur est traitée comme un oubli, catégorie dans laquelle tombent la plupart des erreurs de citation. La même omission découverte par le jury est appréciée avec, en plus, le fait que vous ne l’ayez pas dite.
Ce mécanisme est exactement celui qui joue dans les procédures : la manière dont l’étudiant traite le problème pèse au moins autant que le problème lui-même, comme le montre notre article sur l’accusation de plagiat et ses recours.

Comment le dire
Le message au directeur de mémoire doit être court, factuel et sans dramatisation. Quatre éléments suffisent :
- La page et le passage concernés.
- La nature exacte de l’erreur — référence absente, guillemets manquants, source mal attribuée.
- La correction qui aurait dû figurer.
- Une proposition : un erratum joint au document.
Ce qu’il faut éviter, c’est le message long qui explique les circonstances — la fatigue, le calendrier, la confusion dans les notes. Ces explications donnent au message une tonalité défensive alors que votre démarche est précisément ce qui joue en votre faveur. Dites le fait, proposez la correction, arrêtez-vous là.
Le moment compte aussi : dès la découverte, sans attendre la veille de la soutenance. Un signalement tardif ressemble à un calcul.
L’erratum
C’est l’outil adapté, et il est peu connu des étudiants. Une feuille jointe listant les corrections, avec pour chacune trois colonnes : la page, le texte tel qu’il figure, le texte corrigé.
Sa vertu principale est de rendre le problème vérifiable. Sans erratum, un jury informé d’une erreur doit en imaginer l’ampleur ; avec, il constate qu’il s’agit de deux références et non de dix pages. Dans la plupart des cas, l’erratum réduit le problème plutôt qu’il ne l’expose.
Il se remet au directeur de mémoire, qui décide de sa transmission au jury. Vous ne le distribuez pas vous-même.
Un point à comprendre : le document déposé ne se remplace pas. C’est celui qui sera évalué, et c’est précisément la raison d’être de l’erratum, qui l’accompagne sans le modifier. Certains établissements autorisent le dépôt d’une version corrigée après la soutenance, pour l’archivage et la diffusion — c’est une procédure distincte, qui relève des règles de dépôt et de diffusion exposées dans notre article sur la propriété et la diffusion d’un mémoire.

Et pendant la soutenance
Si l’erreur a été signalée en amont, n’y revenez pas spontanément : le sujet est traité, le rouvrir lui donne un poids qu’il n’a plus.
Si le jury l’aborde, une réponse brève et assumée suffit — reconnaître, indiquer la correction apportée, passer à la suite. Ce qui est évalué à ce moment n’est pas l’erreur mais votre rapport à elle. Une réponse défensive, une justification longue ou une minimisation produisent un effet nettement plus défavorable que l’erreur elle-même.
Si en revanche le jury découvre l’erreur en séance et que vous ne l’aviez pas signalée, la seule réponse tenable reste la reconnaissance immédiate. Contester une omission factuelle devant des lecteurs qui ont le document sous les yeux aggrave systématiquement la situation.
Éviter la situation la prochaine fois
Trois pratiques suppriment l’essentiel de ce risque, et elles coûtent peu.
- Distinguer visuellement les citations dès la prise de notes. La quasi-totalité des reprises involontaires vient de notes où le copié et le reformulé se sont mélangés. Une couleur ou un préfixe systématique règle le problème à la source.
- Vérifier la correspondance croisée avant le dépôt. Chaque référence citée dans le texte figure-t-elle en bibliographie, et inversement ? C’est une relecture d’une heure qui attrape la majorité des omissions, et elle est décrite dans notre guide sur la construction d’une bibliographie.
- Faire un contrôle d’originalité avant le rendu, pas après. Un rapport de similitude lu à temps signale exactement les passages à reprendre, pendant qu’ils sont encore modifiables. Notre article sur la lecture d’un rapport de similitude explique ce qu’il faut y regarder — et ce qu’il ne mesure pas.
Les règles générales de citation et de paraphrase qui préviennent ces situations sont détaillées dans nos guides sur la paraphrase sans plagiat et sur les règles pour éviter le plagiat.
Vérifier pendant qu’il est encore temps. Tesify vous aide à contrôler la cohérence de vos références et l’originalité de votre texte avant le dépôt — c’est-à-dire au moment où une erreur se corrige sans démarche ni erratum.
Questions fréquentes
J’ai oublié une citation dans mon mémoire déjà rendu : est-ce grave ?
Cela dépend entièrement de l’ampleur. Une référence mal formatée ou une date erronée est une imperfection formelle sans conséquence. Un paragraphe repris d’une source sans guillemets ni attribution est un problème d’intégrité, même involontaire. Le critère n’est pas votre intention mais ce qu’un lecteur constate : un passage qui paraît de vous alors qu’il ne l’est pas.
Faut-il signaler une erreur découverte après le dépôt ?
Oui dès que l’erreur touche l’attribution d’une idée ou d’un texte. Une omission signalée spontanément par l’auteur est traitée comme un oubli ; la même omission découverte par le jury est traitée tout autrement, parce que le silence devient un élément d’appréciation. Pour une simple coquille de mise en forme, un signalement n’est pas nécessaire.
Comment signaler l’erreur à son directeur de mémoire ?
Par un message court, factuel et sans dramatisation : indiquer la page, la nature exacte de l’erreur, la correction qui aurait dû figurer, et proposer un erratum. Éviter les explications longues sur les circonstances, qui donnent au message une tonalité défensive alors que la démarche est précisément à votre crédit.
Qu’est-ce qu’un erratum et comment le présenter ?
C’est une feuille jointe listant les corrections, avec pour chacune la page concernée, le texte tel qu’il figure et le texte corrigé. Il se remet au directeur de mémoire, qui décide de le transmettre au jury. Sa vertu principale est de rendre la correction vérifiable : le jury peut constater l’ampleur réelle du problème plutôt que de l’imaginer.
Peut-on encore modifier son mémoire après le dépôt ?
Non, le document déposé est celui qui sera évalué et il ne se remplace pas. C’est précisément la raison d’être de l’erratum, qui accompagne le document sans le modifier. Certains établissements autorisent le dépôt d’une version corrigée après la soutenance, pour l’archivage ou la diffusion, ce qui relève d’une procédure distincte.
Faut-il en parler pendant la soutenance ?
Si l’erreur a été signalée en amont, il est inutile d’y revenir spontanément : le sujet est traité. Si le jury l’aborde, une réponse brève et assumée suffit — reconnaître, indiquer la correction, passer à la suite. Ce qui pèse dans l’appréciation n’est pas l’erreur elle-même mais la manière dont vous la traitez.
