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Le travail de maturité en 2026 : ce qu’exige l’ordonnance et comment il est noté

Le travail de maturité est un travail autonome d’une certaine importance, prenant la forme d’un texte ou s’accompagnant d’un commentaire rédigé, et comportant une part de propédeutique scientifique. Il est rédigé seul ou en groupe, puis présenté oralement. Cette définition n’est pas une convention d’école : c’est le texte de l’article 17 de l’ordonnance fédérale.

Deux conséquences en découlent immédiatement, et elles surprennent chaque année une partie des candidats : l’oral n’est pas une formalité qui suit l’écrit, il est constitutif de la note ; et le titre que vous choisissez aujourd’hui figurera sur votre certificat de maturité, définitivement.

Quel texte s’applique en 2026 ?

L’instrument en vigueur est l’ordonnance du 28 juin 2023 sur la reconnaissance des certificats de maturité gymnasiale (ORM), RS 413.11, dans son état au 1er août 2024. Elle a remplacé le régime précédent, resté en place pendant près de trois décennies.

Ce détail a une portée pratique directe : une grande partie des pages, forums et documents d’école encore consultables en ligne décrivent l’ancien régime. Si une ressource ne cite pas l’ordonnance de 2023, elle ne décrit pas nécessairement les règles qui vous seront appliquées. Vérifiez la date du texte cité avant d’en tirer une conclusion.

L’ordonnance ne travaille par ailleurs pas seule. Son article 3 prévoit que l’examen d’équivalence se fonde aussi sur les exigences minimales fixées par la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) dans un plan d’études cadre, lequel porte notamment sur le travail de maturité. Le cadre fédéral pose le principe ; le plan d’études cadre et votre canton posent le détail.

Rapport de recherche et grille de notation sur l'échelle suisse de 1 à 6
La note du travail de maturité se construit sur deux supports distincts : l’écrit et l’oral.

Où le travail de maturité se situe dans le cursus

L’article 10 range le travail de maturité dans le domaine des options obligatoires, aux côtés de l’option spécifique et de l’option complémentaire. Ce n’est donc pas une activité annexe greffée sur le programme : c’est l’un des trois éléments d’un domaine à part entière.

L’article 18 chiffre ce poids. Le bloc « option spécifique, option complémentaire, travail de maturité » représente au moins 15 % du temps total d’enseignement, tandis que les disciplines fondamentales se répartissent comme suit : au moins 27 % pour les langues, au moins 27 % pour les mathématiques, l’informatique et les sciences expérimentales, au moins 12 % pour les sciences humaines et sociales, et au moins 6 % pour les arts.

Additionnées, ces quatre exigences minimales représentent 72 % du temps d’enseignement ; avec le bloc des options obligatoires, le total atteint 87 %, ce qui laisse au plus 13 % pour le sport et les éventuelles autres disciplines proposées. Ce calcul est le nôtre, effectué à partir des pourcentages publiés — l’ordonnance ne le pose pas comme tel — mais il montre que les minima s’emboîtent sans contradiction, et que la marge de manœuvre cantonale est réelle mais étroite.

Comment la note est construite

C’est le point le plus mal compris. L’article 25 al. 2 let. c prévoit que la note du travail de maturité est établie « sur la base du travail écrit et de la présentation orale », et que « la note du processus de réalisation du projet est incluse dans l’évaluation du travail écrit ou dans celle de la présentation orale ».

Trois choses en découlent :

  • L’oral n’est pas un supplément. Il entre dans la note au même titre que le document rendu. Un excellent dossier mal présenté ne produit pas la note du dossier.
  • Le processus compte. La manière dont vous avez conduit le projet — régularité, méthode, autonomie — est évaluée, et non seulement le résultat final. Elle est simplement rattachée à l’un des deux supports plutôt que notée séparément.
  • Le rattachement varie. L’ordonnance laisse le choix entre l’écrit et l’oral pour y loger le processus. Savoir lequel votre école a retenu change ce que vous devez soigner en priorité : c’est une question à poser à votre enseignant accompagnant, pas à deviner.

Ce qu’une note insuffisante coûte réellement

Le travail de maturité produit une note de maturité à part entière (art. 25 al. 1), exprimée en notes entières et demi-notes, la meilleure étant 6 et la moins bonne 1, les notes inférieures à 4 sanctionnant des prestations insuffisantes (art. 26 al. 1).

Le certificat s’obtient à deux conditions cumulatives, posées à l’article 26 al. 2 :

Condition Formulation de l’ordonnance Ce que cela implique
Compensation Le double de la somme de tous les écarts vers le bas par rapport à la note 4 n’est pas supérieur à la somme de tous les écarts vers le haut Chaque demi-point sous 4 doit être compensé par un point au-dessus de 4
Plafond Quatre notes de maturité au maximum sont inférieures à 4 Un travail de maturité insuffisant consomme l’une de ces quatre places

La logique de compensation mérite d’être lue lentement, parce qu’elle est asymétrique : les écarts vers le bas sont doublés, les écarts vers le haut ne le sont pas. Une note de 3 au travail de maturité, soit un point sous la barre, exige donc deux points d’excédent ailleurs pour être neutralisée. Enfin, l’article 26 al. 3 précise que deux tentatives d’obtention du certificat sont autorisées.

Élève présentant oralement son travail de maturité devant des enseignants
La présentation orale est prévue par l’ordonnance elle-même, et non laissée à l’appréciation de l’école.

Le titre reste sur le certificat

L’article 27 al. 1 let. g prévoit que le certificat de maturité gymnasiale comprend le titre du travail de maturité — aux côtés du nom du canton, de celui de l’école, des notes de maturité et de la signature de l’autorité cantonale.

Ce point est rarement mentionné aux élèves au moment du choix du sujet, alors qu’il change la manière de le formuler. Le titre accompagnera le document que vous produirez lors de candidatures pendant des années. Un intitulé précis et lisible par un non-spécialiste vaut mieux qu’une formule spirituelle ou qu’un jeu de mots, et mieux aussi qu’un titre si étroit qu’il enferme le travail dans un détail. Si le cadrage du sujet vous bloque, la méthode générale décrite dans notre guide pour choisir un sujet de travail de recherche s’applique, à condition de la restreindre à ce qu’un élève peut réellement traiter seul.

« Une part de propédeutique scientifique » : ce que cela demande concrètement

L’article 17 al. 1 assigne au travail de maturité le développement de l’autonomie et de l’appropriation d’une propédeutique scientifique. L’expression est abstraite ; sa traduction pratique ne l’est pas. Il s’agit d’apprendre les gestes de base de la démarche scientifique : poser une question à laquelle on peut répondre, choisir une méthode adaptée et l’expliciter, distinguer ce que l’on constate de ce que l’on interprète, et citer ses sources de façon vérifiable.

Ce sont les mêmes gestes que ceux exigés plus tard à l’université, à une échelle réduite. Deux ressources utiles à ce stade : les principes généraux de la méthodologie de recherche, et la manière de construire une bibliographie cohérente. Notez que l’ordonnance n’impose aucun style de citation : la norme applicable est celle que fixe votre école.

Pour l’oral, les principes de présentation restent ceux de tout exposé de recherche — tenir le temps, annoncer sa structure, assumer les limites du travail. Notre guide sur la préparation d’une soutenance les détaille, et nos confrères de Tesify France proposent une lecture complémentaire sur les conseils pour réussir sa présentation orale. Transposez-les à un format bien plus court.

Ce que Tesify ne fait pas

Le travail de maturité évalue explicitement votre autonomie : c’est le premier mot de l’article 17. Un outil ne peut donc pas produire ce travail à votre place sans en détruire l’objet même. Tesify ne rédige pas votre travail de maturité et ne fournit rien qui soit remettable tel quel.

Ce qu’un assistant de rédaction fait utilement ici : aider à structurer un plan, vérifier la cohérence d’une bibliographie, signaler des passages confus. Ce qu’il ne fait pas : choisir votre question, conduire votre méthode, ni répondre à votre place devant la classe — et l’oral, rappelons-le, entre dans la note.

Utilisé dans ce cadre, l’outil libère du temps pour le fond. Structurer son plan de travail avec Tesify — inscription gratuite.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le travail de maturité ?

Selon l’art. 17 ORM, un travail autonome d’une certaine importance, prenant la forme d’un texte ou s’accompagnant d’un commentaire rédigé et comportant une part de propédeutique scientifique. Il est rédigé seul ou en groupe et présenté oralement.

Peut-on le réaliser en groupe ?

Oui : l’art. 17 al. 2 prévoit expressément qu’il est rédigé seul ou en groupe. Les modalités concrètes relèvent du canton et de l’école.

Comment la note est-elle calculée ?

Sur la base du travail écrit et de la présentation orale (art. 25 al. 2 let. c). La note du processus de réalisation du projet est incluse dans l’évaluation de l’un ou de l’autre.

Un travail insuffisant empêche-t-il d’obtenir la maturité ?

Pas à lui seul. C’est une note de maturité parmi d’autres : le certificat s’obtient si le double de la somme des écarts vers le bas par rapport à 4 n’excède pas la somme des écarts vers le haut, et si quatre notes au maximum sont inférieures à 4. Une note insuffisante consomme une partie d’une marge limitée.

Le titre figure-t-il sur le certificat ?

Oui, l’art. 27 al. 1 let. g l’exige, au même titre que les notes de maturité et le nom de l’école.

Combien de tentatives sont autorisées ?

Deux tentatives d’obtention du certificat de maturité (art. 26 al. 3).

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