Citer ses Sources en Histoire en 2026 : Notes de Bas de Page et Méthode

Citer ses Sources en Histoire en 2026 : Notes de Bas de Page et Méthode

Citer ses Sources en Histoire en 2026 : Notes de Bas de Page et Méthode

Citer ses sources en histoire suit une logique différente des sciences sociales expérimentales : plutôt qu’un système auteur-date inséré dans le texte, la discipline s’appuie sur des notes de bas de page numérotées, héritées d’une longue tradition d’érudition historique et archivistique. Ce choix méthodologique permet de distinguer nettement les sources primaires des sources secondaires et d’accompagner chaque référence d’un commentaire critique.

Pour un étudiant habitué au style APA d’autres disciplines, la méthode historique peut sembler exigeante avec ses abréviations latines et ses règles de renvoi. Cet article détaille la construction d’une note de bas de page, l’usage correct de Ibid. et Op. cit., la citation des sources d’archives, et la place que peut occuper la norme ISO 690 comme alternative numérique.

Réponse rapide : en histoire, on cite ses sources par une note de bas de page numérotée, appelée par un exposant dans le texte. La première mention donne la référence complète ; les suivantes utilisent une forme abrégée ou les abréviations latines Ibid. (même source que la note précédente) et Op. cit. (source déjà citée plus haut, avec d’autres références entre les deux mentions).

Pourquoi l’histoire privilégie-t-elle les notes de bas de page ?

La méthode historique classique, enseignée dans la plupart des départements d’histoire francophones, repose sur la note de bas de page plutôt que sur le système auteur-date des sciences sociales expérimentales. Cette préférence tient à la nature même du travail de l’historien : il manipule des sources primaires (documents d’archives, correspondances, actes officiels) aux côtés de sources secondaires (ouvrages et articles d’autres historiens), et doit souvent préciser la cote exacte d’un document, discuter sa fiabilité, ou signaler une traduction — autant d’informations qui trouvent naturellement leur place dans une note détaillée plutôt que dans une parenthèse.

Le renvoi s’effectue par un chiffre en exposant inséré après la ponctuation, qui appelle une note numérotée en bas de page ou en fin de chapitre. Cette convention, décrite notamment dans les guides méthodologiques universitaires comme celui de l’université Bordeaux Montaigne, reste la norme dominante en histoire, y compris dans les revues scientifiques françaises.

Page de mémoire d'histoire annotée avec plusieurs notes de bas de page numérotées
La note de bas de page numérotée reste la convention dominante en histoire.

Comment construire une note de bas de page en histoire ?

La première note complète pour une source donnée doit contenir l’ensemble des éléments d’identification, dans un ordre proche de celui d’une référence bibliographique classique mais avec des variations propres à la discipline : prénom avant le nom de l’auteur (à l’inverse de la bibliographie finale, où le nom précède le prénom), titre en italique, lieu d’édition, éditeur, année, page précise consultée. Exemple : Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, Armand Colin, 1949, p. 128.

La bibliographie finale, elle, reprend les mêmes références classées par ordre alphabétique du nom de famille, sans numéro de page précis (sauf pour un article ou un chapitre, où l’on indique la pagination complète).

Comment utiliser Ibid., Op. cit. et art. cit. ?

Trois abréviations latines permettent d’alléger les notes successives sans répéter l’intégralité d’une référence :

  • Ibid. (« ibidem », au même endroit) : s’utilise quand la note renvoie exactement à la même source que la note immédiatement précédente. Si la page diffère, on précise : Ibid., p. 45.
  • Op. cit. (« opere citato », dans l’ouvrage cité) : s’utilise quand on renvoie à un ouvrage déjà cité plus haut dans le texte, mais avec d’autres références intercalées entre les deux mentions. On l’accompagne du nom de l’auteur : Braudel, op. cit., p. 200.
  • art. cit. (article cité) : variante d’Op. cit. réservée aux articles de revue déjà cités précédemment, selon le même principe.

De nombreux départements d’histoire recommandent aujourd’hui une alternative plus lisible : la méthode du titre abrégé, qui remplace les formules latines par une forme courte du titre suivie de la page, par exemple Braudel, La Méditerranée, p. 200, jugée plus claire pour un lecteur non latiniste. Vérifiez la préférence de votre encadrant avant de choisir l’une ou l’autre méthode, et restez cohérent sur l’ensemble du document.

Comment citer une source primaire ou d’archive ?

Une source d’archive se cite en indiquant le service ou centre d’archives, la cote exacte du document, sa nature, et sa date, par exemple : Archives nationales, cote F/7/12345, Rapport du préfet au ministre de l’Intérieur, 12 mars 1848. L’ordre précis des éléments (cote avant ou après la nature du document) varie selon les conventions propres à chaque centre d’archives ou à chaque département universitaire — il est recommandé de suivre le guide méthodologique fourni par votre formation plutôt qu’un modèle générique.

Pour une source imprimée ancienne (journal d’époque, brochure), on ajoute généralement le lieu de conservation si le document n’est pas largement diffusé, ainsi qu’une mention de la base de données ou du fonds numérisé consulté, le cas échéant (Gallica, Europeana, etc.).

Comment citer un ouvrage ou un article d’historien ?

Pour un ouvrage de recherche, la note suit le modèle déjà présenté : prénom, nom, titre en italique, ville, éditeur, année, page. Pour un article de revue, on ajoute le titre de l’article entre guillemets français, suivi du titre de la revue en italique, du numéro de volume, de l’année entre parenthèses, et de la pagination totale de l’article puis de la page précise citée : Marc Bloch, « La société féodale », Annales d’histoire économique et sociale, 12 (1940), p. 45-67, ici p. 52.

La norme ISO 690 est-elle une alternative en histoire ?

La norme ISO 690, largement utilisée dans les bibliothèques et centres de documentation francophones, propose un système numérique où chaque source reçoit un numéro entre crochets, renvoyant à une liste de références classée par ordre de première apparition ou par ordre alphabétique. Ce système reste moins répandu que la note de bas de page classique en histoire, mais certains départements ou travaux pluridisciplinaires l’acceptent, en particulier lorsque le mémoire croise histoire et sciences de l’information. Dans tous les cas, il ne faut jamais mélanger le système numérique ISO 690 avec les notes de bas de page classiques au sein d’un même document.

En quoi ce système diffère-t-il du style APA ?

Le style APA, dominant en psychologie et dans une grande partie des sciences sociales expérimentales, place une référence abrégée directement entre parenthèses dans le corps du texte : (Auteur, Année). La méthode historique, elle, renvoie systématiquement à une note numérotée en bas de page, souvent enrichie d’un commentaire critique sur la source, sa fiabilité ou son contexte de production. Ce choix reflète deux logiques disciplinaires distinctes : la rapidité de lecture recherchée par les sciences expérimentales face à la précision archivistique et la possibilité d’annotation propres au travail de l’historien.

Tableau d’exemples exacts

Situation Note de bas de page
Première mention d’un ouvrage Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, Armand Colin, 1949, p. 128.
Même source, note suivante immédiate Ibid., p. 130.
Même source, citée plus haut avec d’autres références entre-temps Braudel, op. cit., p. 145.
Article de revue déjà cité Bloch, art. cit., p. 58.
Source d’archive Archives nationales, cote F/7/12345, Rapport du préfet au ministre de l’Intérieur, 12 mars 1848.
Méthode du titre abrégé (alternative aux latinismes) Braudel, La Méditerranée, p. 145.
Gros plan sur un document d'archive historique avec sa cote de classement visible
Les sources d’archives se citent avec la cote exacte du centre de conservation.

Pour des règles bibliographiques communes à toutes les disciplines, notre guide pour faire une bibliographie reste une bonne base de départ, et notre article sur les exemples de citation APA permet de comparer directement les deux logiques, auteur-date et note de bas de page. Si votre mémoire d’histoire comporte une synthèse de la recherche existante, consultez également notre guide sur la revue de littérature, dont les principes de sélection et d’organisation des sources s’appliquent aussi à un état de l’art historiographique.

Questions fréquentes

Pourquoi l’histoire utilise-t-elle des notes de bas de page plutôt que le système auteur-date ?

La méthode historique classique privilégie la note de bas de page car elle permet de distinguer clairement les sources primaires (archives, documents d’époque) des sources secondaires (ouvrages d’historiens), et de fournir un commentaire critique ou une précision archivistique directement rattachée à la référence, sans alourdir le corps du texte.

Quelle est la différence entre Ibid. et Op. cit. ?

Ibid. (« au même endroit ») s’utilise quand la note renvoie exactement à la même source que la note immédiatement précédente. Op. cit. (« dans l’ouvrage cité ») s’utilise quand on renvoie à une source déjà citée plus haut dans le texte, mais pas dans la note juste avant, avec d’autres références intercalées entre les deux mentions.

Comment citer une source d’archive dans une note de bas de page ?

On indique en général le service d’archives, la cote du document, sa nature et sa date, par exemple : Archives nationales, cote F/7/12345, Rapport du préfet au ministre de l’Intérieur, 12 mars 1848. L’ordre exact des éléments varie selon les conventions du centre d’archives et doit être vérifié auprès de l’établissement ou du guide méthodologique du département d’histoire.

Peut-on utiliser la norme ISO 690 en histoire ?

Oui. L’ISO 690 propose un système numérique alternatif aux notes de bas de page traditionnelles, où chaque source reçoit un numéro renvoyant à une liste de références. Ce système est moins répandu en histoire que la note de bas de page classique, mais certains départements ou revues l’acceptent, notamment pour des travaux pluridisciplinaires.

Faut-il répéter la référence complète à chaque nouvelle citation du même ouvrage ?

Non. Une fois la référence complète donnée à la première note, les mentions suivantes utilisent une forme abrégée (nom de l’auteur, titre court, page) ou les abréviations latines Ibid. et Op. cit. selon la position de la citation précédente dans le texte.

Comment le système de citation en histoire diffère-t-il du style APA utilisé en psychologie ?

Le style APA place la référence abrégée directement entre parenthèses dans le texte (auteur, année), tandis que la méthode historique classique renvoie à une note en bas de page numérotée, souvent enrichie d’un commentaire. APA privilégie la rapidité de lecture pour des articles scientifiques, la note de bas de page privilégie la précision archivistique et la possibilité d’annoter chaque source.

En résumé

Citer ses sources en histoire demande de maîtriser un système de notes de bas de page numérotées, distinct du modèle auteur-date des sciences sociales expérimentales. La rigueur porte autant sur la forme (Ibid., Op. cit., méthode du titre abrégé) que sur le fond : distinguer sources primaires et secondaires, indiquer les cotes d’archives avec précision, et rester cohérent du début à la fin du document. En cas de doute, le guide méthodologique de votre département d’histoire reste toujours la référence à suivre en priorité.