Financement de Thèse en France en 2026 : Chiffres, Contrats Doctoraux et CIFRE

Financement de Thèse en France en 2026 : Chiffres, Contrats Doctoraux et CIFRE

Financement de Thèse en France en 2026 : Chiffres, Contrats Doctoraux et CIFRE

En 2026, environ 79 % des doctorants en première année en France bénéficient d’un financement dédié, principalement via le contrat doctoral — dont la rémunération brute mensuelle est portée à 2 300 € au 1er janvier 2026 — ou une convention CIFRE, dont l’ANRT enregistre selon ses derniers bilans publiés de l’ordre de 1 500 à 2 000 signatures chaque année.

Ces chiffres de financement de thèse conditionnent directement la faisabilité d’un doctorat : un doctorant financé travaille dans des conditions matérielles très différentes d’un doctorant qui doit combiner rédaction de thèse et activité salariée annexe. Cet article compile les données disponibles sur les principales sources de financement doctoral en France — contrat doctoral, CIFRE, organismes de recherche, collectivités — avec leurs montants et leur part estimée, à partir des publications du ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR-SIES) et de l’ANRT. Beaucoup de doctorants arrivent en thèse après avoir déjà rédigé un mémoire de master ; notre article sur les statistiques du mémoire de master en France en 2026 en détaille les chiffres clés.

Combien de doctorants sont financés en France ?

Selon les données publiées dans l’État de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la part des doctorants financés en première année progresse régulièrement depuis une quinzaine d’années : elle est passée d’environ 73 % en 2017 à environ 79 % sur les dernières données publiées. Cette progression reflète la montée en charge du dispositif CIFRE et le maintien du volume de contrats doctoraux, mais elle masque d’importantes disparités selon les disciplines, détaillées plus loin.

Le tableau ci-dessous résume les principales sources de financement doctoral identifiées par le MESR-SIES et l’ANRT, avec leur part estimée et un montant indicatif pour 2026. Ces parts sont approximatives et calculées sur les cohortes de doctorants financés en première année ; elles ne couvrent pas exhaustivement toutes les situations individuelles.

Principales sources de financement des doctorants en France (données indicatives, MESR-SIES / ANRT)
Source de financement Part estimée des doctorants financés (1ère année) Montant indicatif en 2026
Contrat doctoral (MESRI) environ 34 % 2 300 € brut/mois
Organismes de recherche (CNRS, Inserm, INRAE…) environ 10 % Généralement aligné sur le contrat doctoral
Collectivités territoriales / régions environ 8 % Variable selon la convention régionale
Convention CIFRE (ANRT, entreprises) ~1 500 à 2 000 conventions signées par an, toutes disciplines Minimum légal ≈ 26 400 € brut/an (base 2025)
Bourses, fondations, financements internationaux Part minoritaire, variable selon discipline Variable selon l’organisme financeur
Sans financement dédié identifié environ 21 %

La ligne CIFRE du tableau ci-dessus indique un volume annuel de conventions plutôt qu’une part en pourcentage, car ce dispositif fonctionne par flux annuel plutôt que par stock de doctorants financés à un instant donné ; l’ANRT vise une trajectoire de croissance vers environ 2 150 conventions par an à moyen terme.

Quel est le montant du contrat doctoral en 2026 ?

Le contrat doctoral reste la voie de financement la plus répandue pour les doctorants recrutés par les établissements publics d’enseignement supérieur ou les organismes de recherche. Sa rémunération plancher est fixée par arrêté ministériel et revalorisée régulièrement : elle est passée à 2 200 € brut par mois au 1er janvier 2025, puis à 2 300 € brut par mois au 1er janvier 2026, soit environ 27 600 € brut sur l’année.

Après prélèvements sociaux salariaux, le net mensuel perçu se situe généralement autour de 1 800 à 1 900 €, selon le régime de cotisation applicable. Le contrat doctoral est conclu pour trois ans et confère au doctorant le statut d’agent public contractuel, avec les garanties sociales associées (assurance maladie, retraite, congés). Certains établissements versent un complément lorsque le doctorant assure des missions complémentaires d’enseignement, de diffusion scientifique ou de valorisation, ce qui peut augmenter la rémunération nette effectivement perçue au-delà du plancher réglementaire.

Pour un doctorant qui souhaite vérifier ses droits et obligations précis liés à ce contrat, notre guide détaillé sur le contrat doctoral en 2026 reprend la durée, les conditions de recrutement et les cas de renouvellement.

Comment fonctionne le financement CIFRE ?

La convention CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche) permet à un doctorant d’être salarié d’une entreprise ou d’une collectivité tout en préparant sa thèse au sein d’un laboratoire académique. Le dispositif est piloté par l’Association Nationale Recherche Technologie (ANRT) pour le compte du ministère chargé de la Recherche.

Le salaire minimum brut annuel prévu par le dispositif est d’environ 26 400 € sur la base 2025, l’entreprise bénéficiant en contrepartie d’une subvention annuelle et d’avantages fiscaux liés au crédit d’impôt recherche. Le volume de conventions CIFRE signées chaque année a nettement progressé sur la dernière décennie, l’ANRT évoquant un objectif de croissance vers environ 2 150 conventions par an à horizon 2027, contre environ 1 500 conventions annuelles au début des années 2020, selon les documents de bilan qu’elle publie.

Le dispositif CIFRE n’est pas réservé aux disciplines scientifiques et techniques : il couvre également la gestion, le droit, les sciences humaines et sociales, dès lors qu’un partenariat de recherche cohérent peut être formalisé entre l’entreprise et le laboratoire d’accueil. Pour un panorama complet des conditions d’éligibilité, du salaire et des démarches, consultez notre article dédié sur financer son doctorat avec une CIFRE en 2026.

Doctorant consultant des documents de financement de thèse et un contrat doctoral sur un bureau universitaire
Contrat doctoral et convention CIFRE restent les deux principales voies de financement de thèse en France

Quelles sont les autres sources de financement d’une thèse ?

Au-delà du contrat doctoral et de la CIFRE, plusieurs autres dispositifs permettent de financer une thèse, dans des proportions plus restreintes :

  • Financements des organismes de recherche — CNRS, Inserm, INRAE et autres établissements publics à caractère scientifique et technologique financent directement une partie des doctorants, en particulier dans les disciplines expérimentales.
  • Financements de collectivités territoriales — certaines régions cofinancent des allocations doctorales dans le cadre de conventions avec les universités, notamment sur des thématiques jugées stratégiques localement.
  • Bourses de fondations et financements internationaux — bourses d’excellence, financements de programmes européens ou de fondations privées, dont l’accès dépend fortement du champ disciplinaire et du profil du candidat.
  • Postes d’ATER (Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche) — un contrat d’enseignement à temps partiel ou complet qui permet de terminer une thèse tout en enseignant, généralement mobilisé en toute fin de parcours doctoral plutôt qu’au démarrage.

Ces sources se combinent parfois : un doctorant peut par exemple débuter avec un contrat doctoral partiel puis compléter son financement par une mission d’enseignement complémentaire.

Que faire sans financement institutionnel ?

Une partie non négligeable des doctorants — de l’ordre d’un cinquième selon les dernières données publiées sur le financement en première année — prépare sa thèse sans contrat doctoral, sans CIFRE ni bourse dédiée identifiée. Cette situation est plus fréquente en sciences humaines et sociales, où l’offre de financements institutionnels reste proportionnellement plus restreinte que dans les sciences exactes.

Les doctorants dans cette situation combinent le plus souvent une activité salariée en parallèle de la thèse, un statut de vacataire d’enseignement, ou un financement personnel et familial. Cette configuration allonge généralement la durée de préparation de la thèse par rapport à un doctorant financé à temps plein, faute de temps de recherche disponible équivalent. Rédiger dans ce contexte demande une organisation particulièrement rigoureuse, notamment pour la structuration du plan, la gestion bibliographique et le suivi des délais ; des outils d’aide à la rédaction comme Tesify peuvent alléger une partie de ce travail de structuration et de mise en forme pour les doctorants qui rédigent en parallèle d’une activité professionnelle.

Le financement varie-t-il selon la discipline ?

Oui, et les écarts sont marqués. Les doctorants en sciences exactes et applications sont très largement financés, avec un taux proche de 97 % selon les dernières données publiées, de même que ceux en sciences de la vie (environ 86 %). À l’inverse, en sciences humaines et sociales, environ un doctorant sur deux seulement dispose d’un financement dédié identifié au moment de son inscription en première année.

Cette disparité s’explique notamment par la structure même des financements disponibles : les contrats doctoraux MESRI et les financements d’organismes de recherche sont historiquement plus nombreux dans les disciplines expérimentales à forte intensité de laboratoire, tandis que les CIFRE en SHS, bien qu’en croissance, restent minoritaires comparées à celles signées dans l’ingénierie ou les sciences de gestion.

Graphique comparant la part de doctorants financés selon les grandes disciplines universitaires françaises
La part de doctorants financés varie fortement entre sciences exactes et sciences humaines et sociales

À retenir — Le contrat doctoral (≈2 300 €/mois en 2026) et la CIFRE (minimum ≈26 400 €/an) couvrent ensemble une large majorité des doctorants financés, mais environ un doctorant sur cinq démarre sa thèse sans financement dédié, une situation plus fréquente en sciences humaines et sociales.

Questions fréquentes

Quelle est la durée d’un contrat doctoral ?

Le contrat doctoral est conclu pour une durée de trois ans, renouvelable dans certains cas particuliers comme un congé maladie ou une activité complémentaire, conformément au cadre fixé par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Le financement CIFRE est-il réservé aux thèses en sciences ?

Non. Le dispositif CIFRE, piloté par l’ANRT, est ouvert à toutes les disciplines dès lors qu’une entreprise ou une collectivité porte un projet de recherche partenarial avec un laboratoire académique, y compris en sciences humaines et sociales, gestion ou droit.

Que se passe-t-il si je ne trouve pas de financement institutionnel ?

Une partie des doctorants poursuit sa thèse sans contrat doctoral ni CIFRE, en s’appuyant sur une activité salariée en parallèle, un poste d’ATER, une bourse ponctuelle ou un financement personnel, ce qui allonge en général la durée de préparation.

Le montant du contrat doctoral est-il le même dans toutes les universités ?

Le montant plancher est fixé nationalement par arrêté ministériel et s’applique à tous les établissements publics. Certains établissements ou laboratoires peuvent verser un complément pour des missions d’enseignement ou de valorisation, ce qui peut faire varier la rémunération nette perçue.

Comment candidater à une convention CIFRE ?

La candidature associe une entreprise porteuse du projet, un laboratoire de recherche d’accueil et un doctorant, avec un dossier déposé auprès de l’ANRT décrivant le projet de recherche, le partenariat et le financement prévu sur trois ans.

Existe-t-il des financements spécifiques pour les thèses en sciences humaines et sociales ?

Oui, mais dans une proportion plus restreinte que dans les sciences exactes : les contrats doctoraux, les CIFRE en gestion ou sociologie et certaines bourses de fondations existent, mais une part plus importante de doctorants en SHS prépare sa thèse sans financement dédié identifié. Une fois le financement sécurisé, les débouchés après la thèse varient également fortement ; notre article sur le salaire après un doctorat en 2026 par secteur détaille ces écarts.

Sources