Rédiger la partie résultats et discussion d’un mémoire en 2026 : structure, présentation et interprétation
La confusion entre résultats et discussion est l’une des difficultés les plus fréquentes dans la rédaction d’un mémoire de master. Beaucoup d’étudiants commencent à interpréter leurs données dans le chapitre Résultats, ou — à l’inverse — se contentent de lister des chiffres dans la Discussion sans jamais revenir à leur problématique. Ces deux chapitres obéissent pourtant à des logiques radicalement différentes : le premier décrit ce que vous avez observé, le second explique ce que cela signifie. Savoir distinguer clairement ces deux registres est la marque d’un travail de recherche rigoureux, et cette distinction sera l’une des premières choses que votre jury vérifiera.
Ce guide vous accompagne étape par étape pour rédiger les résultats et la discussion de votre mémoire — que vous adoptiez une approche quantitative, qualitative ou mixte — avec des exemples concrets et des conseils directement applicables à votre terrain.
Résultats et discussion : deux logiques distinctes
Avant de rédiger, il faut ancrer la distinction dans votre esprit. Ces deux parties correspondent à deux postures intellectuelles fondamentalement différentes, qui s’articulent l’une à l’autre sans jamais se superposer.
| Chapitre Résultats | Chapitre Discussion |
|---|---|
| Décrit ce que vous avez trouvé | Explique ce que cela signifie |
| Neutre, factuel, descriptif | Analytique, interprétatif, argumentatif |
| Pas de citations bibliographiques (sauf instrument de mesure) | Mobilise activement la littérature académique |
| Suit l’ordre de vos questions de recherche | Répond à la problématique centrale |
| Mentionne tous les résultats, même négatifs | Explique et contextualise les résultats inattendus |
| Passé, présent de description | Présent d’interprétation, conditionnel pour les hypothèses |
Cette distinction est fondamentale pour la rédaction globale de votre mémoire : elle structure la démonstration scientifique et signale à votre jury que vous maîtrisez la démarche empirique de bout en bout.
Structurer le chapitre Résultats
Le chapitre Résultats est le rapport honnête et exhaustif de ce que vous avez observé ou collecté. Il n’évalue pas, il ne commente pas : il montre. Sa fonction est de fournir à votre lecteur toutes les données dont il aura besoin pour suivre votre discussion avec un regard éclairé.
L’ordre de présentation
Organisez vos résultats en suivant exactement la même logique que vos questions de recherche ou vos hypothèses, dans l’ordre où vous les avez formulées dans la partie théorique. Cette cohérence facilite la lecture et prouve que votre démarche est structurée.
- Approche quantitative : commencez par les statistiques descriptives (moyennes, écarts-types, fréquences, répartitions), puis présentez les résultats des tests inférentiels (corrélation, régression, test du chi-deux, ANOVA…) en indiquant à chaque fois le test utilisé, la valeur obtenue et le seuil de significativité.
- Approche qualitative : organisez vos résultats par thèmes ou catégories issus de votre analyse (thématique, phénoménologique, inductive, par théorisation ancrée…). Chaque thème principal est illustré par deux ou trois extraits de verbatim représentatifs. Pour en savoir plus sur la conduite de l’analyse en amont, consultez notre guide sur l’entretien semi-directif : méthode, guide et analyse.
- Approche mixte : présentez d’abord les résultats quantitatifs, puis les résultats qualitatifs, ou intégrez-les thème par thème si votre design de recherche mixte le justifie explicitement.
Tableaux, graphiques et figures
Les données chiffrées se lisent mieux dans un tableau ou un graphique que noyées dans un long paragraphe. Quelques règles à appliquer systématiquement :
- Numérotez chaque tableau et chaque figure (Tableau 1, Figure 2…) et placez un titre descriptif concis immédiatement au-dessus.
- Ajoutez une note ou une légende sous le visuel si des abréviations sont utilisées.
- Indiquez la source si les données ne proviennent pas directement de votre collecte de terrain (jeu de données secondaires, statistiques officielles…).
- Ne reproduisez pas la même information à la fois dans un tableau et dans le texte : référencez le tableau dans le corps du texte (« comme le montre le Tableau 3… ») et n’y ajoutez qu’un commentaire d’une ou deux phrases sur le fait le plus saillant.
- Pour les graphiques, choisissez le type adapté aux données : barres pour les comparaisons catégorielles, courbes pour les évolutions temporelles, nuages de points pour les corrélations.
Ce que vous ne devez pas écrire dans les résultats
Voici les formulations à bannir absolument de votre chapitre Résultats, car elles glissent vers l’interprétation :
- « Ces résultats montrent que la littérature a raison… » → c’est de la discussion
- « On peut en déduire que… » → c’est de l’interprétation
- « Ce résultat confirme l’hypothèse de Dupont (2019)… » → réservez cela à la discussion
- « Ce chiffre élevé s’explique par… » → expliquer = interpréter
- « Ce fait surprenant indique que… » → juger un résultat surprenant, c’est déjà l’interpréter
Contentez-vous de formuler les faits : « La majorité des répondants ont déclaré… », « Le score moyen obtenu est de… », « Trois thèmes principaux ont émergé de l’analyse : A, B et C. »

Structurer le chapitre Discussion
La Discussion est souvent le chapitre qui donne le plus de fil à retordre, précisément parce qu’il requiert une pensée de second degré : vous ne regardez plus vos données, vous les pensez. C’est là que vous faites preuve de votre maturité scientifique et que vous positionnez votre travail dans le champ de la recherche existante.
Un chapitre Discussion solide se développe autour de quatre mouvements distincts.
1. Répondre à la problématique
Commencez toujours par rappeler votre problématique sous une forme condensée, puis indiquez clairement dans quelle mesure vos résultats y apportent une réponse — partielle, totale, ou différenciée selon les sous-questions. Ne reformulez pas vos résultats ; montrez ce qu’ils impliquent par rapport à la question centrale.
Exemple de formulation (illustratif) : « Notre problématique portait sur la relation entre les pratiques pédagogiques différenciées et l’engagement des élèves en éducation prioritaire. Les résultats indiquent que les dispositifs de tutorat entre pairs sont associés à une amélioration de la participation active, mais que cet effet varie sensiblement selon le niveau académique du tuteur. »
2. Mettre en dialogue avec la littérature
C’est le cœur de la Discussion. Pour chaque résultat important, vous devez le confronter aux travaux antérieurs :
- S’il confirme des travaux existants : citez-les et expliquez en quoi votre étude vient renforcer ou affiner leur conclusion dans un contexte différent.
- S’il contredit des travaux existants : c’est une contribution précieuse, pas un problème. Formulez des hypothèses explicatives plausibles (différences contextuelles, taille ou nature de l’échantillon, période d’étude, outil de mesure utilisé…).
- S’il est inédit : positionnez-le soigneusement par rapport à ce qui existe et montrez en quoi il ouvre une piste de recherche nouvelle.
La méthodologie de recherche que vous avez choisie influence directement la façon dont vous pouvez comparer vos résultats à ceux de la littérature. Un résultat qualitatif ne se confronte pas à des données quantitatives de la même façon : précisez toujours le registre de comparaison et ses limites.
3. Reconnaître les limites de la recherche
Toute recherche a des limites. Les identifier et les formuler clairement ne fragilise pas votre mémoire : cela démontre au contraire votre sens critique et votre honnêteté intellectuelle. Les limites à mentionner portent généralement sur trois axes :
- Limites méthodologiques : taille et représentativité de l’échantillon, biais possibles (désirabilité sociale dans les entretiens, biais du survivant dans une enquête longitudinale…), impossibilité de généraliser les résultats à une population plus large.
- Limites liées au contexte : étude réalisée sur un terrain particulier (une seule organisation, une seule région, une période délimitée qui peut ne pas être représentative).
- Limites de mesure : instruments standardisés non encore validés dans votre contexte linguistique ou culturel, traduction d’échelles internationales, auto-évaluation sujette à subjectivité.
Rédigez les limites de façon factuelle, sans excuses : « La taille réduite de l’échantillon ne permet pas de généraliser les résultats à l’ensemble des établissements du second degré. Une étude à plus grande échelle permettrait de confirmer ou d’infirmer les tendances observées ici. »
4. Proposer des implications et des pistes futures
Terminez la Discussion par un regard vers l’avant — c’est la partie qui donnera envie à votre jury de poursuivre la conversation lors de la soutenance :
- Implications théoriques : en quoi vos résultats contribuent-ils au champ disciplinaire ? Confirment-ils, complètent-ils ou remettent-ils en question un modèle théorique existant ?
- Implications pratiques : quelles recommandations concrètes peut-on dériver de vos résultats pour les professionnels, les institutions ou les décideurs concernés ?
- Pistes de recherche futures : quelles questions restent à explorer ? Quels designs de recherche permettraient de lever les limites que vous venez d’identifier ?

Faut-il fusionner résultats et discussion ?
Certaines disciplines ou certains directeurs de mémoire tolèrent — voire recommandent — un chapitre « Résultats et Discussion » fusionné. Cette organisation est plus courante dans les approches qualitatives, notamment en sciences de l’éducation, sociologie, travail social ou sciences du langage, où les données et leur interprétation sont plus difficiles à dissocier dans une présentation linéaire.
Si vous optez pour la fusion, structurez impérativement le chapitre par thèmes : pour chaque thème, présentez d’abord les données brutes (extraits, verbatims, chiffres), puis interprétez-les immédiatement. L’alternance doit être claire, régulière et jamais implicite.
En revanche, pour un mémoire de master en sciences exactes, gestion, droit, économie ou santé, la séparation reste la norme institutionnelle et sa transgression doit être explicitement justifiée dans votre introduction méthodologique. Vérifiez toujours les consignes de votre jury et les exemples de mémoires antérieurs dans votre spécialité avant de trancher.
Exemples annotés
Les exemples suivants sont fournis à titre illustratif et ne correspondent pas à des études empiriques publiées.
Exemple A — Formulation de résultats (approche quantitative)
« Le score moyen d’anxiété académique, mesuré par l’Échelle d’Anxiété adaptée de l’instrument original, est de 42,3 (ET = 8,7) dans le groupe ayant suivi la formation, contre 51,6 (ET = 9,2) dans le groupe témoin. Cette différence est statistiquement significative (t(48) = 3,84, p < .001). »
Pourquoi ce passage fonctionne : il nomme l’outil de mesure, donne les valeurs avec les écarts-types, précise le test et le niveau de significativité. Il n’ajoute aucun commentaire sur le sens de la différence — ce commentaire viendra en Discussion.
Exemple B — Formulation de discussion correspondante
« La réduction du score d’anxiété dans le groupe formation va dans le sens des travaux de Martin et Leblanc (2021), qui documentaient un effet similaire d’un programme psychoéducatif comparable sur une population d’étudiants en IUT. L’ampleur de l’effet observé ici est toutefois moindre, ce qui pourrait s’expliquer par la durée plus courte de notre intervention (quatre séances contre huit) et par un contexte d’évaluation différent. »
Pourquoi ce passage fonctionne : il cite la littérature, compare les résultats, et propose une hypothèse explicative pour la divergence partielle — sans répéter les chiffres bruts du chapitre précédent.
Exemple C — Verbatim dans les résultats qualitatifs
« Le sous-thème sentiment d’isolement ressort dans 11 entretiens sur 14. Plusieurs participants formulent explicitement ce ressenti : « On avance dans son coin, personne ne sait vraiment où on en est » (E3, coordinatrice) ; « Il n’y a aucun espace pour partager les blocages » (E9, chargé de projet). »
Pourquoi ce passage fonctionne : il quantifie la fréquence du thème (11/14), choisit des extraits représentatifs et les identifie par code anonymisé. Il n’interprète pas encore pourquoi ce sentiment existe — c’est le rôle de la Discussion.
Les erreurs les plus fréquentes
- Interpréter dans les résultats : dès que vous écrivez « cela prouve que… » ou « on voit donc que… », vous avez glissé vers la discussion. Reformulez en termes purement factuels.
- Ne pas citer la littérature dans la discussion : une discussion sans références bibliographiques est une opinion, pas une analyse académique. Chaque interprétation doit s’appuyer sur au moins un travail antérieur.
- Omettre les résultats non significatifs ou inattendus : les résultats négatifs ont autant de valeur scientifique que les résultats positifs. Les omettre introduit un biais de publication à l’échelle de votre mémoire.
- Rédiger les limites de façon défensive ou apologétique : « malheureusement, mon étude est trop petite… » — cette formulation affaiblit votre travail. Présentez les limites comme des données factuelles, pas comme des aveux.
- Répéter la méthodologie dans la discussion : la discussion regarde vers la littérature et les implications, pas en arrière vers votre protocole de collecte.
- Négliger la cohérence entre discussion et conclusion : votre conclusion doit pouvoir s’appuyer naturellement sur la discussion. Si ce n’est pas le cas, des éléments manquent dans l’un des deux chapitres.
Si vous travaillez avec Tesify pour structurer votre mémoire, l’outil propose un cadre de rédaction qui distingue les registres descriptif et interprétatif par section, ce qui aide concrètement à éviter ces glissements sans vous bloquer sur la forme.
Pour approfondir la dimension interprétative spécifique aux mémoires de master, l’équipe de tesify.fr a publié un guide dédié à la rédaction de la discussion pour le master, avec des grilles d’autoévaluation par discipline.
Questions fréquentes
Combien de pages doivent faire les chapitres Résultats et Discussion dans un mémoire de master ?
Il n’existe pas de norme universelle, mais un ratio courant est de 15 à 25 % du corps du mémoire pour chacun des deux chapitres. Pour un mémoire de 80 pages (corps principal), cela représente environ 12 à 20 pages par chapitre. Les deux chapitres peuvent avoir des longueurs inégales : une étude très riche en données qualitatives aura des Résultats volumineux ; une étude quantitative simple aura souvent une Discussion plus développée pour compenser la concision des tableaux de données.
Peut-on utiliser la première personne dans les résultats et la discussion ?
Oui, l’usage de la première personne du singulier (« J’ai observé que… ») ou du pluriel de modestie (« Nous avons constaté… ») est tout à fait accepté en France dans les mémoires de sciences humaines et sociales. Certaines disciplines scientifiques préfèrent la voix passive (« Il a été observé que… »). Renseignez-vous auprès de votre directeur de mémoire pour connaître la convention attendue dans votre formation ou laboratoire, car les pratiques varient d’une université à l’autre.
Comment rédiger les limites de la recherche sans paraître négatif ?
Présentez chaque limite en deux temps : d’abord l’énoncé factuel de la limite, puis la piste qui permettrait de la dépasser dans de futurs travaux. Par exemple : « L’échantillon de cette étude est limité à une région administrative, ce qui réduit la portée généralisable des résultats. Une étude multi-sites en France métropolitaine permettrait de confirmer ou d’infirmer les tendances observées. » Cette structure montre que vous maîtrisez la portée réelle de votre travail sans l’invalider.
La discussion doit-elle reprendre tous les résultats présentés ?
Non. La discussion doit reprendre les résultats les plus significatifs au regard de la problématique. Les résultats secondaires ou non significatifs peuvent être mentionnés brièvement, voire renvoyés en annexe. L’objectif est de construire une argumentation cohérente autour de votre question centrale, pas de commenter point par point chaque tableau ou chaque thème de votre chapitre Résultats.
Peut-on citer des sources dans le chapitre Résultats ?
Dans le chapitre Résultats, les seules références bibliographiques admises sont celles liées à vos outils de mesure ou à votre jeu de données secondaires (ex. : « Le questionnaire utilisé est celui de Dupont et al., 2020 »). Vous ne devez pas citer la littérature pour comparer ou interpréter vos résultats — c’est précisément le rôle réservé à la Discussion.
Dans quel ordre rédige-t-on généralement ces chapitres ?
La plupart des étudiants rédigent d’abord les Résultats — car ils travaillent directement à partir de leurs données — puis la Discussion. Il est fortement déconseillé de tenter de rédiger les deux simultanément, car c’est ce qui favorise précisément la confusion entre les deux registres. Terminez la rédaction des Résultats, relisez-les une première fois dans leur intégralité, puis ouvrez un nouveau document pour la Discussion.
Prêt à rédiger votre mémoire ?
Ce guide vous a donné la méthode pour rédiger les résultats et la discussion. Pour maîtriser l’ensemble de la démarche — de la problématique à la conclusion — retrouvez notre guide complet pour rédiger un mémoire en 2026, qui couvre toutes les étapes dans le même esprit pédagogique. Bonne rédaction !
