Taux d’Abandon en Thèse en 2026 : Chiffres Officiels, Causes et Disciplines à Risque

Taux d’Abandon en Thèse en 2026 : Chiffres Officiels, Causes et Disciplines à Risque

Taux d’Abandon en Thèse en 2026 : Chiffres Officiels, Causes et Disciplines à Risque

Le taux d’abandon en thèse constitue l’un des indicateurs les moins publiés mais les plus recherchés de l’enseignement supérieur français : selon la synthèse de référence de l’AERES reprise par la Confédération des Jeunes Chercheurs, il varie de 5 % à 40 % selon les disciplines, un écart considérable qui reflète des réalités de financement et d’encadrement très différentes entre les sciences exactes et les sciences humaines et sociales (SHS).

Réponse rapide : il n’existe pas de taux d’abandon national officiel publié annuellement par le SIES. La fourchette de référence citée par les associations de doctorants, issue d’une synthèse AERES, va de 5 % en sciences exactes à 40 % en lettres et sciences humaines et sociales. En 2024, la France comptait 69 432 doctorants inscrits pour 14 727 docteurs diplômés (SIES, Note Flash n°14, juin 2025), et le financement — présent chez 98 % des primo-inscrits en sciences exactes contre 53 % en SHS — reste le facteur le plus corrélé à l’achèvement de la thèse.

Quel est le taux d’abandon en thèse en France ?

Aucun organisme public ne publie de taux d’abandon en thèse consolidé et actualisé chaque année à l’échelle nationale, contrairement au nombre de doctorants inscrits ou de docteurs diplômés que le SIES (service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche) documente précisément. La référence la plus citée reste la synthèse des rapports d’évaluation des écoles doctorales de l’AERES (2010), reprise dans la fiche « Arrêt prématuré du doctorat » de la Confédération des Jeunes Chercheurs (CJC) et de l’Association Nationale des Docteurs (ANDès) : elle situe le taux moyen d’abandon entre 5 % et 40 % selon les disciplines.

Cet écart s’explique moins par une différence d’exigence académique que par des conditions matérielles très inégales : financement systématique ou non, intégration dans un collectif de laboratoire, existence d’un encadrement structuré au quotidien.

Le taux d’abandon varie-t-il selon la discipline ?

Oui, très fortement. D’après la même synthèse, les sciences exactes et expérimentales affichent un taux d’abandon proche de 5 %, tandis que les lettres, sciences sociales et humaines (LSHS) peuvent atteindre 40 %. Cette hiérarchie se confirme indirectement dans les données SIES sur la durée de préparation des thèses : en 2024, 58 % des docteurs en sciences exactes et applications ont soutenu en moins de 40 mois, contre seulement 11 % en sciences humaines et sociales — un doctorant SHS sur deux dépassant même 52 mois de préparation. Plus une thèse s’allonge sans cadre de financement stable, plus le risque de rupture augmente.

Graphique comparant le taux d'abandon en thèse par grande discipline en France
Écart du taux d’abandon en thèse entre sciences exactes et sciences humaines et sociales (source : AERES, synthèse citée par la CJC-ANDès)

Combien de doctorants sont inscrits chaque année en France ?

Le SIES recense 69 432 doctorants inscrits à la rentrée 2024-2025, en légère baisse de 0,3 % par rapport à l’année précédente, dont 17 000 nouvelles inscriptions en première année de thèse (+3,2 % par rapport à la rentrée 2023-2024). Ces effectifs constituent le point de départ de toute estimation d’abandon : chaque cohorte de primo-inscrits ne débouche que partiellement, trois à cinq ans plus tard, sur une soutenance.

Effectifs de doctorants et de docteurs diplômés en France (2021-2024)
Année Docteurs diplômés Évolution annuelle
2021 13 588
2022 13 852 +1,9 %
2023 15 187 +9,6 % (rattrapage post-pandémie, record depuis 2009)
2024 14 727 -3,0 %

Source : MESR-SIES, Note Flash n°14 — Les docteurs diplômés en 2024 (juin 2025).

Combien de thèses sont soutenues chaque année ?

En 2024, 14 727 doctorats ont été délivrés en France, en baisse de 3,0 % par rapport à 2023 mais toujours supérieurs au niveau pré-crise sanitaire. Cette baisse touche 7 domaines d’études sur 10 : -2,0 % en sciences exactes et applications, -2,3 % en sciences humaines et sociales, et une contraction plus marquée en sciences du vivant (-5,4 % en biologie-médecine-santé, -8,9 % en sciences agronomiques et écologiques). Le nombre de soutenances annuelles reste l’indicateur le plus fiable pour approcher, indirectement, l’ampleur de la déperdition entre l’inscription en doctorat et son achèvement. Une fois la soutenance autorisée, l’issue est d’ailleurs presque toujours favorable : notre article sur le taux de réussite à la soutenance de thèse détaille pourquoi l’échec au jury reste exceptionnel.

Quels facteurs expliquent l’abandon d’une thèse ?

D’après la fiche CJC-ANDès « Arrêt prématuré du doctorat », l’abandon peut résulter de trois mécanismes distincts, parfois combinés :

  • L’arrêt du contrat de travail : à l’initiative du doctorant (démission pour saisir une opportunité professionnelle) ou de l’employeur.
  • L’arrêt du projet scientifique : blocage méthodologique, résultats non exploitables, réorientation du sujet devenue impossible.
  • La non-réinscription en doctorat : refus motivé du directeur de thèse ou, à partir de la troisième année, avis défavorable du comité de suivi individuel.

S’y ajoutent des facteurs plus diffus mais documentés par les associations de doctorants : isolement scientifique, absence de collectif de travail, conflits avec l’encadrement, ou tout simplement une réorientation de carrière assumée — l’abandon n’étant pas systématiquement vécu comme un échec par les doctorants concernés.

Le financement réduit-il le risque d’abandon ?

C’est le facteur le plus solidement corrélé à la poursuite du doctorat jusqu’à son terme. À la rentrée 2024-2025, le SIES relève que 81 % des doctorants en première année bénéficient d’un financement dédié (+1,4 point en un an), mais cette moyenne masque des écarts considérables selon la discipline.

Part des primo-inscrits en doctorat bénéficiant d’un financement dédié, par discipline (2024-2025)
Discipline Part financée
Sciences exactes et applications 98 %
Sciences du vivant 86 %
Sciences humaines et sociales 53 %

Source : MESR-SIES, Note Flash n°14 (juin 2025).

Un doctorant sur deux seulement dispose d’un financement dédié en SHS, contre la quasi-totalité en sciences exactes — un écart qui recoupe directement la hiérarchie des taux d’abandon observée par l’AERES entre ces mêmes disciplines.

Doctorante consultant des données statistiques sur le financement de la thèse
Le financement dédié reste le facteur le plus corrélé à l’achèvement du doctorat

Quelles sont les démarches en cas d’arrêt prématuré ?

L’arrêt d’un doctorat est encadré par l’arrêté du 25 mai 2016 fixant le cadre national de la formation doctorale. La réinscription annuelle du doctorant peut faire l’objet d’un avis négatif du directeur de thèse ; à partir de la troisième année, le comité de suivi individuel rend également un avis. En cas de désaccord, le doctorant peut demander un second avis à la commission recherche du conseil académique, la décision finale revenant au chef d’établissement. Dans le cas d’un contrat doctoral, il est mis fin de plein droit au contrat selon les modalités du décret du 23 avril 2009.

Comment prévenir le risque d’abandon en thèse ?

Les écoles doctorales et les associations de doctorants recommandent d’agir en amont plutôt qu’au moment de la rupture : suivi régulier avec le directeur de thèse, recours aux procédures de médiation en cas de conflit avec l’encadrement, consultation du service de médecine du travail en cas de risque psychosocial, et clarification du plan de financement dès l’inscription. Un jalonnement clair du calendrier de rédaction — chapitrage, revues de littérature, points d’étape avec le comité de suivi — limite aussi le décrochage progressif observé chez les doctorants isolés. Des outils d’aide à la structuration du plan de thèse, comme Tesify, peuvent servir de repère méthodologique ponctuel pour garder le cap sur un travail de longue haleine, sans se substituer à l’encadrement scientifique.

Pour comprendre les origines du phénomène en amont du doctorat, notre étude sur le décrochage et l’abandon à l’université en France détaille les taux par niveau (L1, master). Voir aussi nos chiffres sur le nombre de doctorants en France et la durée moyenne d’une thèse, ainsi que les débouchés une fois le diplôme obtenu dans notre analyse du salaire après un doctorat.

Questions fréquentes

Quel est le taux d’abandon en thèse en France ?

Selon la synthèse de référence de l’AERES reprise par la Confédération des Jeunes Chercheurs, le taux moyen d’abandon en doctorat varie de 5 % à 40 % selon les disciplines. Il n’existe pas de taux national unique officiellement publié chaque année par le SIES ; l’indicateur le plus suivi reste le nombre de docteurs diplômés rapporté aux effectifs inscrits quelques années plus tôt.

Quelle discipline a le taux d’abandon le plus élevé ?

Les lettres, sciences humaines et sociales affichent historiquement les taux d’abandon les plus élevés (jusqu’à 40 % selon l’AERES), tandis que les sciences exactes et expérimentales, où le financement doctoral est quasi systématique, se situent plutôt autour de 5 %.

Le financement réduit-il le risque d’abandon ?

Oui, c’est le facteur le plus documenté : un contrat doctoral ou un financement dédié sécurise la rémunération et le cadre de travail du doctorant, ce qui limite fortement les arrêts pour raisons économiques, en particulier dans les disciplines où le financement n’est pas systématique.

Un abandon de thèse doit-il être justifié auprès de l’école doctorale ?

La non-réinscription en doctorat nécessite l’avis du directeur de thèse et, à partir de la troisième année, celui du comité de suivi individuel. La décision finale revient au chef d’établissement, conformément à l’arrêté du 25 mai 2016 fixant le cadre national du doctorat.

Combien de doctorants sont inscrits en France chaque année ?

Selon le SIES (Note Flash n°14, juin 2025), la France comptait 69 432 doctorants à la rentrée 2024-2025, en légère baisse de 0,3 % par rapport à l’année précédente, pour 17 000 nouvelles inscriptions en première année de thèse.

Un abandon de thèse est-il un échec définitif de carrière ?

Non. Les fiches de la Confédération des Jeunes Chercheurs rappellent que les compétences professionnelles acquises pendant le doctorat (conduite de projet, expertise scientifique, gestion de la complexité) peuvent être valorisées sur le marché du travail même sans soutenance, notamment via un bilan de compétences avec le directeur doctoral.

Sources