Le travail interdisciplinaire centré sur un projet (TIP) se rédige ou se réalise pendant les deux derniers semestres de l’enseignement menant à la maturité professionnelle. Il fait partie intégrante de l’examen, et doit se rapporter à au moins deux branches ainsi qu’au monde du travail. Ces trois conditions sont posées à l’article 11 de l’ordonnance fédérale.
Le point que les candidats découvrent trop tard : le TIP ne s’évalue pas seul. Il forme, avec le TIB, un ensemble dont la note se construit sur deux ans — et la moitié de cette note est déjà jouée avant que le projet final ne commence.
Attention au texte que vous consultez
L’ordonnance applicable est l’ordonnance du 13 juin 2025 sur la maturité professionnelle fédérale (OMPr), RS 412.103.1, dont le texte consolidé porte la mention « État le 1er mars 2026 ». Il s’agit d’une révision totale : le régime précédent a été entièrement remplacé, et un nouveau plan d’études cadre du SEFRI accompagne l’entrée en vigueur (art. 12 al. 1).
C’est la difficulté principale pour qui se documente en ligne en 2026. La quasi-totalité des pages, présentations d’école et documents de référence indexés décrivent encore le régime antérieur, simplement parce qu’ils ont été écrits avant. Une ressource qui ne mentionne pas l’ordonnance du 13 juin 2025 ne décrit pas nécessairement ce qui vous sera appliqué. Vérifiez la date du texte cité, systématiquement.
TIB et TIP : deux composantes, une seule note
L’article 11 al. 2 divise le travail interdisciplinaire en deux :
- le travail interdisciplinaire dans les branches (TIB) ;
- le travail interdisciplinaire centré sur un projet (TIP).
Le TIB n’est pas un exercice préparatoire informel. L’article 11 al. 3 précise qu’il porte sur tous les domaines d’enseignement et qu’il prépare au TIP, l’accent étant mis sur la gestion de projet, la communication et les prestations de transfert. L’article 11 al. 4 en fixe le volume : au moins deux prestations par semestre pendant au moins deux semestres, chacune portant sur un thème qui concerne au moins deux branches et qui est en rapport avec le monde du travail, et chacune évaluée par une note. Dans les filières en deux semestres, il s’agit d’au moins trois prestations au total.
Vient ensuite la disposition décisive, à l’article 23 al. 6 : la note finale du travail interdisciplinaire se compose à parts égales de la note du TIP et de la note d’école du TIB.

Autrement dit : chaque prestation TIB rendue depuis le début du cursus pèse. Un élève qui néglige ses prestations TIB en se promettant de « tout donner sur le TIP » plafonne mécaniquement sa note finale à ce que la moyenne TIB lui laisse. C’est la conséquence pratique la plus importante de tout le dispositif, et elle se joue bien avant le projet.
Comment la note du TIP est construite
L’article 23 al. 7 est explicite : la note du TIP correspond à l’appréciation de trois objets distincts :
| Objet évalué | Ce que cela recouvre | Quand cela se joue |
|---|---|---|
| Le processus d’élaboration | Conduite du projet, méthode, régularité, autonomie | Pendant les deux derniers semestres |
| Le produit final | Le travail rédigé ou réalisé lui-même | Au rendu |
| La présentation suivie d’une discussion approfondie | L’exposé, puis l’échange de fond avec les évaluateurs | À l’oral |
Deux remarques sur ce dernier point. D’abord, la présentation n’est pas notée seule : le texte prévoit qu’elle est suivie d’une discussion approfondie, et c’est l’ensemble qui est apprécié. Ensuite, le processus étant évalué en tant que tel, la traçabilité de votre travail — notes de suivi, versions, décisions documentées — n’est pas de la bureaucratie : c’est une partie de ce qui est noté. L’article 11 al. 6 prévoit d’ailleurs que les personnes en formation sont guidées et encadrées par les enseignants responsables ; ce suivi est le lieu naturel où le processus se documente.
La note du TIP est arrondie à une note entière ou à une demi-note, tout comme la note finale du travail interdisciplinaire (art. 23 al. 4). La note d’école du TIB, elle, correspond à la moyenne des notes semestrielles et est arrondie à la première décimale (art. 23 al. 8).

Ce qu’une note insuffisante coûte
La note finale du travail interdisciplinaire compte parmi les critères de réussite, au même titre que les branches des domaines fondamental, spécifique et complémentaire (art. 24 al. 1 let. d). L’examen est réussi si, cumulativement (art. 24 al. 2) :
- la note globale est supérieure ou égale à 4 ;
- la somme des écarts entre les notes finales insuffisantes et la note 4 est inférieure ou égale à 2 ;
- deux notes finales au maximum sont inférieures à 4.
La marge est donc étroite : deux notes insuffisantes au maximum, et un déficit cumulé plafonné à deux points. Un travail interdisciplinaire à 3 consomme à lui seul la moitié de ce déficit autorisé et l’une des deux places disponibles.
En cas d’échec, l’article 25 autorise une nouvelle tentative, et seules les branches dont la note finale était insuffisante font l’objet d’un nouvel examen.
Enfin, l’article 27 al. 1 let. f prévoit que l’attestation de notes du certificat fédéral mentionne la note et le thème du TIP. Le sujet que vous choisissez est donc inscrit durablement sur le document que vous présenterez à un employeur ou à une haute école spécialisée : il vaut la peine de le formuler clairement plutôt que de façon allusive.
Ne le confondez pas avec le travail de maturité gymnasiale
Les deux voies suisses aboutissent à un travail final, mais il s’agit de deux dispositifs distincts, régis par deux ordonnances différentes, et les règles ne se transposent pas. Le travail de maturité de la voie gymnasiale relève de l’ordonnance du 28 juin 2023 et obéit à une arithmétique de réussite qui lui est propre — notamment un nombre de notes insuffisantes tolérées différent de celui de la maturité professionnelle.
Si vous cherchez des informations et que vous tombez sur des règles de compensation qui ne correspondent pas à celles citées ici, vérifiez d’abord de quelle voie parle la source : c’est l’erreur de lecture la plus fréquente entre ces deux dispositifs.
Concrètement, par où commencer
Le TIP se rapportant obligatoirement à au moins deux branches et au monde du travail, le sujet ne se choisit pas comme un sujet scolaire. Le point de départ le plus sûr est une situation réelle rencontrée dans votre entreprise formatrice, dont vous vérifiez ensuite qu’elle mobilise bien deux branches identifiables du cursus. Un sujet qui n’en mobilise qu’une, aussi intéressant soit-il, ne remplit pas la condition.
Sur la conduite du projet lui-même, les principes de planification d’un travail long s’appliquent : découper en jalons, garder une trace des décisions, anticiper le rendu. Notre guide sur le rétroplanning d’un travail de fin d’études propose une méthode transposable à un horizon de deux semestres, et les principes généraux de la méthodologie de recherche restent valables pour la partie analytique.
Pour l’oral, préparez la discussion autant que l’exposé : c’est elle qui distingue une présentation récitée d’une défense de projet. Les mécanismes décrits dans notre guide sur la préparation d’une soutenance s’y appliquent, et nos confrères de Tesify France proposent une lecture complémentaire sur les conseils pour réussir sa présentation orale.
Vérifier vos propres références
Les éléments cités ici proviennent du texte consolidé de l’OMPr (RS 412.103.1), état au 1er mars 2026. Deux documents complètent ce cadre et priment sur toute ressource générale :
- le plan d’études cadre du SEFRI, qui fixe notamment les directives relatives au travail interdisciplinaire (art. 12 al. 2 let. d) et la forme des examens finaux ;
- les directives de votre école de maturité professionnelle, qui traduisent ce cadre en jalons, formats et échéances concrets.
Un assistant de rédaction comme Tesify peut aider à structurer un plan de travail et à tenir la cohérence d’un dossier long, mais il ne conduit pas le projet à votre place : le processus d’élaboration est précisément l’un des trois objets notés, et c’est vous qui le menez.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le TIP ?
Le travail interdisciplinaire centré sur un projet, l’une des deux composantes du travail interdisciplinaire avec le TIB. Il est réalisé pendant les deux derniers semestres, fait partie intégrante de l’examen de maturité professionnelle, et se rapporte à au moins deux branches ainsi qu’au monde du travail (art. 11 OMPr).
Quelle est la différence entre le TIB et le TIP ?
Le TIB porte sur tous les domaines d’enseignement et prépare au TIP : au moins deux prestations notées par semestre pendant au moins deux semestres. Le TIP est le projet final des deux derniers semestres. Les deux se combinent à parts égales dans la note finale du travail interdisciplinaire.
Comment la note du TIP est-elle calculée ?
Elle correspond à l’appréciation du processus d’élaboration, du produit final et de la présentation suivie d’une discussion approfondie (art. 23 al. 7), arrondie à une note entière ou à une demi-note.
Le thème du TIP figure-t-il sur le certificat ?
Oui : l’attestation de notes mentionne la note et le thème du TIP (art. 27 al. 1 let. f).
Quels sont les critères de réussite ?
Note globale supérieure ou égale à 4, somme des écarts entre les notes finales insuffisantes et la note 4 inférieure ou égale à 2, et deux notes finales au maximum inférieures à 4 (art. 24 al. 2).
Peut-on repasser l’examen ?
Une fois. Seules les branches dont la note finale était insuffisante font l’objet d’un nouvel examen (art. 25).
