Le travail de diplôme ES est le travail écrit qui clôt une filière d’école supérieure en Suisse. L’ordonnance fédérale ne fixe qu’un minimum : la procédure de qualification finale doit comporter un travail de diplôme ou de projet orienté vers la pratique, et des examens. Tout le reste est fixé par votre école.
Que dit exactement l’ordonnance sur le travail de diplôme ?
Le texte applicable est l’ordonnance du DEFR concernant les conditions minimales de reconnaissance des filières de formation et des études postdiplômes des écoles supérieures (OCM ES), RS 412.101.61, du 11 septembre 2017, dans sa version consolidée au 1er novembre 2017. Elle se fonde sur l’art. 29, al. 3 de la loi fédérale sur la formation professionnelle (LFPr).
Son art. 5, al. 1 dispose que les procédures de qualification finales comprennent au moins « un travail de diplôme ou de projet orienté vers la pratique » et « des examens écrits ou oraux ». Deux points méritent d’être lus lentement.
D’abord, le mot « au moins ». L’OCM ES est une ordonnance de conditions minimales : elle pose un plancher, pas un programme. Une école peut exiger davantage, jamais moins.
Ensuite, la formule « travail de diplôme ou de projet ». L’ordonnance n’impose pas un mémoire de recherche. Elle impose un travail orienté vers la pratique, ce qui recouvre aussi bien un rapport écrit qu’un projet documenté. C’est votre filière, et non le droit fédéral, qui tranche entre les deux.
| Question | Réponse au niveau fédéral | Où trouver le détail |
|---|---|---|
| Faut-il un travail écrit ? | Oui — art. 5, al. 1, let. a OCM ES | Réglé, rien à chercher |
| Y a-t-il aussi des examens ? | Oui — art. 5, al. 1, let. b | Réglé |
| Quel format, quelle longueur, quels délais ? | Non réglé | Plan d’études cadre + règlement d’études de l’école |
| Comment est-il noté ? | Non réglé | Règlement d’études de l’école |
| Qui siège à l’évaluation ? | Des experts de la pratique — art. 5, al. 3 | Partiellement réglé |
Qui évalue votre travail de diplôme ?
L’art. 5, al. 3 prévoit que « des experts de la pratique professionnelle participent aux procédures de qualification finales » et que ces experts « peuvent être désignés par les organisations du monde du travail ».
Ce détail change la manière d’écrire. Votre lecteur n’est pas seulement un enseignant : c’est aussi un professionnel en exercice de votre branche, parfois mandaté par l’organisation faîtière du métier. Un travail théoriquement irréprochable mais détaché du terrain se juge mal devant ce jury-là. À l’inverse, un compte rendu d’activité sans analyse ne passe pas davantage — l’art. 1, al. 2 assigne aux filières ES l’encouragement de « la pensée méthodique et systémique » et de « l’analyse des tâches liées à la profession ».

Où sont écrites les règles qui vous concernent vraiment ?
À deux endroits, et aucun des deux n’est l’ordonnance.
Le premier est le plan d’études cadre de votre filière : l’art. 5, al. 2 y renvoie expressément pour « d’autres conditions concernant les procédures de qualification finales ». L’annexe 1 de l’OCM ES liste, filière par filière, le plan d’études cadre en vigueur et sa date d’approbation.
Le second est le règlement d’études de votre école. L’art. 14, al. 1 charge le prestataire de la formation d’élaborer un plan d’études, de régler les détails de la procédure de qualification finale et d’édicter un règlement d’études. Notez bien qui est visé : cette obligation pèse sur l’école, pas sur vous. Vous n’avez pas à négocier ces règles — vous avez à les lire, et elles existent forcément, puisque le droit fédéral les impose à votre établissement. L’art. 14, al. 2 précise que ce règlement traite en particulier de la procédure d’admission, de la structure de la filière, de la promotion et des voies de droit.
Cette dernière mention est celle que les étudiants découvrent trop tard : les voies de droit figurent dans le règlement d’études. Si une note ou une décision d’échec vous paraît contestable, le délai et la procédure pour réagir sont écrits là, et nulle part ailleurs.

ES, maturité gymnasiale, maturité professionnelle : ne pas confondre les niveaux
Plusieurs travaux suisses portent des noms proches et relèvent de textes différents. Les confondre fait chercher les mauvaises règles.
Le travail de maturité clôt une formation gymnasiale et relève de l’ordonnance sur la maturité gymnasiale. Le travail interdisciplinaire centré sur un projet de la maturité professionnelle relève, lui, de l’ordonnance sur la maturité professionnelle. Ces deux-là se situent au degré secondaire II.
Le travail de diplôme ES est d’un autre étage : il conclut une formation du degré tertiaire, suivie après un apprentissage et souvent en cours d’emploi. C’est pourquoi son cadre se trouve dans la LFPr et l’OCM ES, et non dans les ordonnances de maturité.
Dernière confusion à écarter : les hautes écoles spécialisées (HES) ne sont pas des écoles supérieures. Elles forment un ensemble distinct, que l’OCM ES ne régit pas — un travail de bachelor en HES ne se prépare donc pas selon les règles décrites ici.
Sur quelle base et combien d’heures ?
Les filières ES se basent « en règle générale » sur un certificat fédéral de capacité (art. 2, al. 2). L’art. 3 en tire deux volumes minimaux de formation :
- 3600 heures pour les filières qui se basent sur un CFC dans le domaine correspondant aux études, dont au moins 2880 heures dispensées hors des composantes pratiques ;
- 5400 heures pour les filières qui se basent sur un autre certificat du degré secondaire II, dont au moins 3600 heures hors composantes pratiques.
Les filières existent à plein temps ou en cours d’emploi (art. 3, al. 1), et les composantes pratiques comprennent des stages ou une activité professionnelle en cours de formation exercée à un taux de 50 % au moins (art. 3, al. 3). Concrètement : une part importante des candidats rédige son travail de diplôme en travaillant à côté. Le calendrier compte donc autant que le contenu.
Quel titre obtenez-vous ?
L’art. 6 prévoit que le diplôme mentionne la filière de formation et le titre correspondant, assorti du terme « diplômée » ou « diplômé » et du complément « ES », conformément à l’annexe 1. Cette annexe est la liste officielle des titres protégés — « experte en douane diplômée ES », « spécialiste en activation diplômé ES », et ainsi de suite pour chaque filière.
C’est aussi la référence à utiliser pour écrire correctement votre titre sur une page de garde ou un CV : la formulation exacte y figure, dans les trois langues nationales.
Par où commencer concrètement
Réunissez d’abord les deux documents ci-dessus, puis ne rédigez qu’ensuite. La question de recherche ou la question de projet se formule à partir de ce que votre règlement attend, et notre méthode pour construire une problématique étape par étape s’applique telle quelle à un travail orienté vers la pratique.
Si votre filière attend un travail adossé à une mission en entreprise, la structure d’un rapport de stage vous donnera des repères utiles sur les rubriques attendues — à adapter, puisque votre règlement d’études prime toujours. Et comme la procédure de qualification comporte aussi des examens oraux, nos conseils pour préparer une soutenance restent pertinents pour la défense devant les experts.
Ce que Tesify ne fait pas. Tesify ne produit pas un travail de diplôme prêt à rendre, et ne remplace ni votre expérience de terrain ni les données de votre entreprise — ce sont précisément les éléments que des experts de la pratique évaluent. L’outil ne vous dispense pas non plus de pouvoir défendre chaque page devant eux.
Ce qu’il fait. Il vous aide à structurer votre travail, à formuler votre question de départ et à tenir la cohérence de votre argumentation d’un chapitre à l’autre, à partir de vos propres matériaux. Le texte final reste le vôtre, à écrire et à assumer.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un travail de diplôme ES ?
C’est le travail écrit orienté vers la pratique qui fait partie de la procédure de qualification finale d’une filière d’école supérieure suisse. L’art. 5, al. 1 de l’OCM ES (RS 412.101.61) prévoit que cette procédure comprend au moins un travail de diplôme ou de projet orienté vers la pratique, et des examens écrits ou oraux. Le format, la longueur et la notation ne sont pas fixés au niveau fédéral : ils figurent dans le plan d’études cadre de la filière et dans le règlement d’études de l’école.
Le travail de diplôme ES est-il un mémoire de recherche ?
Non, pas nécessairement. L’ordonnance parle d’un « travail de diplôme ou de projet orienté vers la pratique ». L’orientation pratique est la caractéristique déterminante : il s’agit d’analyser des tâches liées à la profession et de mettre en application les connaissances acquises, et non de produire une contribution scientifique originale. Certaines filières demandent un rapport écrit classique, d’autres un projet documenté.
Où trouver les règles précises de mon travail de diplôme ?
Dans deux documents. Le plan d’études cadre de votre filière, auquel l’art. 5, al. 2 de l’OCM ES renvoie pour les conditions supplémentaires, et dont l’annexe 1 de l’ordonnance donne la version en vigueur et la date d’approbation. Et le règlement d’études de votre école, que l’art. 14 oblige le prestataire de la formation à édicter, et qui règle notamment la structure de la filière, la promotion et les voies de droit.
Qui évalue le travail de diplôme dans une école supérieure ?
Des experts de la pratique professionnelle participent aux procédures de qualification finales, selon l’art. 5, al. 3 de l’OCM ES. Ces experts peuvent être désignés par les organisations du monde du travail, c’est-à-dire les organisations faîtières de la branche. Votre travail est donc lu par des professionnels en exercice autant que par des enseignants.
Quelle différence entre un travail de diplôme ES et un travail de maturité ?
Le niveau et le texte applicable. Le travail de maturité et le travail interdisciplinaire centré sur un projet se situent au degré secondaire II et relèvent des ordonnances sur la maturité gymnasiale et sur la maturité professionnelle. Le travail de diplôme ES conclut une formation du degré tertiaire, suivie après un apprentissage et souvent en cours d’emploi ; il relève de la loi sur la formation professionnelle et de l’OCM ES.
Combien d’heures compte une filière ES ?
Au minimum 3600 heures de formation pour les filières qui se basent sur un certificat fédéral de capacité dans le domaine correspondant aux études, dont au moins 2880 heures dispensées hors des composantes pratiques. Pour les filières qui se basent sur un autre certificat du degré secondaire II, le minimum est de 5400 heures, dont au moins 3600 hors composantes pratiques (art. 3, al. 2 OCM ES).
